Landandino : le fruit d’une passion
À propos des dépôts en librairie, quels conseils votre expérience vous amène-t-elle à donner ? J. B. : Penser que si on fait le petit Poucet, s'il reste des invendus, il faudra passer les reprendre et les récupérer souvent abîmés et invendables. Les dédicaces organisées par les librairies de proximité nécessitent une publicité, particulièrement à la campagne... Il ne sert à rien de laisser 10 livres en dépôt. Mieux vaut faire un nouvel envoi si nécessaire. Il faut aussi s'inquiéter du poids du livre. Les tarifs postaux sont calculés par tranches de poids (500 g, 1 kg ou 2 kg). Par exemple, notre livre pèse 600 g. Il est plus profitable d’en envoyer 1 ou 3. En envoyer 2 nous coûte autant que d’en envoyer 3.. Vous voyagez avec un Land Rover de 1994 aménagé par vos soins, d’ailleurs votre livre donne nombre de conseils pratiques pour aménager les véhicules et préparer un long voyage. Les rassemblements de « landistes » ont-ils été de bonnes plateformes de vente pour vos livres. J. B. : Non, pas tellement, mais ils nous ont fait connaître. Par exemple, à un grand rassemblement de 500 landistes nous n’avons vendu qu’une dizaine d’ouvrages, alors qu'au salon du 4x4 de Val d’Isère où nous sommes restés 12 jours nous en avons vendu 140. ( NDLR : le salon n’existe plus, la station veut reverdir sa réputation. ) Le réseau des librairies de voyage s’avère-t-il rentable ? J. B. : Deux ont joué le jeu en faisant des achats fermes pour une dizaine d'exemplaires (Gibert Jeune et Le Vieux Campeur). Les autres acceptaient quelques exemplaires en dépôt et renouvelaient en fonction des ventes. Nous sommes repartis en Amérique du Sud en 2007 avec notre véhicule et ne l'avons rapatrié qu'en mai 2010. Il nous a manqué à chaque retour en France pour vendre nos livres car notre Land aménagé est une bonne enseigne. Internet vous a-t-il été utile ? J. B. : Oui, notre site et le bouche-à-oreille nous ont fait connaître. L'essentiel des ventes se fait d'ailleurs directement par paiement sécurisé PayPal. Avez-vous des sponsors ? J. B. : Non, absolument aucun. Nous n'en n'avons pas cherché. Nous ne voulons pas prendre des engagements que nous pourrions ne pas tenir et étant retraités, enfin libres, nous voulons le rester ! Ce sont nos lecteurs qui nous soutiennent et à notre tour nous soutenons particulièrement une association humanitaire et écologique en participant à la construction de cuiseurs solaires dans les Andes et en faisant sa promotion
www.boliviainti-sudsoleil.org Il ne reste plus beaucoup de livres mais si vous voulez rêver à l’Amérique du Sud, préparer votre voyage, Landandino reste la référence en la matière. Landandino Journal de voyage en Amérique du Sud : 352 pages dont 32 en couleurs. Un récit, des renseignements pratiques sur l’Amérique du Sud et sur l’aménagement des Land Rover Defender.
www.landandino.org Tout d’abord, pourquoi l’Amérique du Sud ? Jacques Berlivet : Marie-Paule a toujours entretenu des relations avec les membres de sa famille installés là-bas. En retraite, quand nous avons réfléchi à un long voyage, nous avons pensé à l’Amérique du Sud. Moi, j’aurais préféré aller en Asie mais Marie-Paule a une telle passion pour l’Amérique du Sud – en plus elle parle la langue – qu’il était naturel d’aller là-bas. C’était pour elle un vieux rêve, d’autant qu’elle avait déjà rendu visite à ses cousins en 1981 et qu’elle avait une envie folle d’y retourner. Au cours de vos premiers voyages en 2003 et 2004 vous avez tenu scrupuleusement votre journal de bord, dans quelle perspective l’avez-vous fait ? J. B. :Un arrière-grand-père, armateur, était allé au Pérou vers 1850. Mais de ce voyage il ne nous reste qu'une dent de lion montée en tire-bouchon et sa longue-vue. (J’ai compris en allant là-bas de quel lion il s’agissait : de lion de mer, il n’en manque pas !) Nous voulions avec ce journal conserver une trace tangible. Ce qui veut dire que lorsque vous embarquez sur le cargo en 2003, vous ne saviez pas que votre voyage se prolongerait par un livre ? J. B. : Exactement. Nous sommes rentrés fin 2004 avec un grand nombre de diapositives – plus de 5 000 – et nous avons fait un diaporama que nous avons montré autour de nous. A chaque projection, le public nous demandait si nous n’avions pas un livre de notre voyage. En 2005 nous avons rédigé pour nos proches le récit de nos aventures, surtout pour nos petits-enfants. Un de nos quatre enfants, rédacteur en chef d’une revue d’aéromodélisme, en lisant notre récit, nous a convaincus qu’il y avait matière à faire un livre. Alors nous nous sommes lancés. Vous a-t-il aidé pour la rédaction du texte final ? J. B. : Non. Nous avons repris notre journal de bord, l’avons étoffé de tout ce que nous savions. Marie-Paule utilisait ses connaissances, faisait la documentaliste et je mettais en forme notre texte. J'étais correcteur d’imprimerie, j’ai donc corrigé moi-même nos écrits. Notre fils a créé la couverture, retouché et mis en pages les 250 photos et le texte, puis s'est chargé des relations techniques avec l'imprimeur. En 2006, il existait très peu de livres sur le sujet. Vous en êtes à votre cinquième voyage là-bas, avez-vous rencontré sur place certains de vos lecteurs qui ont préparé leur voyage en utilisant votre guide ? J. B. : Oui, plus de la moitié des équipages rencontrés avaient notre livre. C'était très émouvant. Ils venaient vers nous en disant : « On vous connaît, on a votre livre. » Certains disaient que nous les avions convaincus que le voyage était possible, que les clés que nous leur avions données avaient vaincu leurs hésitations. Quelques-uns suivaient fidèlement notre itinéraire. Notre but était atteint : aider des voyageurs à découvrir ces gens et ces lieux que nous avions tant aimés. Vous avez tiré d’entrée de jeu à 2 000 exemplaires. C’était ambitieux ! J. B. : Quand on a demandé un devis d’impression, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas une grosse différence de prix entre 1 000 et 2 000 exemplaires, alors on a foncé. Aviez-vous une idée de la façon dont vous alliez le diffuser ? J. B. : Pas vraiment. Au début nous l’avons beaucoup offert à la famille et aux amis mais on s’est vite aperçus que, si nous ne faisions rien, les cartons allaient rester là indéfiniment. Un ami nous a mis en relation avec la Fnac, qui a référencé le livre et en a vendu beaucoup. Nous avons envoyé notre livre à des rédactions de revues de voyage, de Land Rover ou de 4x4, de camping-cars qui l'ont présenté succinctement et nous avons démarché personnellement des libraires, Maisons de la presse, supermarchés, pour qu’ils prennent notre livre en dépôt. Nous avons sillonné la France et même la Suisse pour participer à quelques rassemblements, festivals de voyage ou salons de 4x4 et séances de dédicace. Au total nous avons parcouru près de 20 000 kilomètres. Cela nous a permis de faire quantité de rencontres passionnantes. C'est une façon de prolonger le voyage.
Au terme de quinze mois d’exploration méthodique de l’Amérique du Sud et de quarante ans de passion pour cette partie de continent, Marie-Paule et Jacques Berlivet ont publié un récit de voyage : Landandino. Étayé de leurs connaissances réelles des pays traversés, ce journal de bord richement illustré et documenté est vite devenu un guide apprécié et un compagnon de route des voyageurs qui, comme le couple sarthois, ont traversé l’océan Atlantique à bord d’un cargo et ont débarqué à Buenos Aires pour explorer cette fascinante région du monde. Les deux mille exemplaires du tirage initial seront bientôt épuisés. Ce succès s’explique d’une part par la qualité des informations fournies et par l’investissement physique des auteurs dans la diffusion de leur ouvrage.