Stéphane, lorsque tu es parti autour du monde avec ta femme et vos trois enfants, te doutais-tu qu’au retour tu vivrais de ta plume et de la vente de tes livres ? En publiant le premier je ne me doutais pas que j’en ferais d’autres. Mais comme il a bien marché, on m’en réclamait un nouveau. D’ailleurs, c’est en vendant les suivants que l’on peut savoir si le premier est bon. S’ils se vendent, cela veut dire que le premier n’a pas découragé les lecteurs.
Tes livres sont extrêmement fluides et agréables à lire, avais-tu écrit d’autres livres auparavant ? Pas du tout. J’ai rédigé notre carnet de voyage et me suis mis à la rédaction de Trois enfants autour du monde à notre retour. J’écrivais, Annie relisait. Je crois qu’il faut garder un ton très naturel, ne pas chercher à faire de belles phrases, ne pas forcer son style. Nous ne sommes pas des auteurs. Il ne faut surtout pas donner de leçons de morale, ne pas critiquer les pays que l’on traverse, de ne pas pousser de coups de gueule. Il faut juste témoigner de ce que l’on vit. Nous ne sommes pas des sociologues, des politologues, des journalistes, des spécialistes ; nous ne sommes que des voyageurs et nous ne devons pas avoir de jugement. Sinon cela barbe le lecteur. S’il veut des analyses, il peut lire Courrier international ou des essais critiques, il n’attend pas ça d’un récit de voyage.
Comment s’est passée la publication du premier ? À notre retour, nous avons d’abord fait un film puis le livre. Avoir un film nous a aidés. Deux sponsors nous ont soutenus pour ce premier tirage, que nous avons vendu dès la première année. Aujourd’hui Trois enfants autour du monde en est à 6 000 exemplaires. Au fil des voyages, nous avons constitué un catalogue de plusieurs livres et de plusieurs DVD ; chacun aide les autres à se vendre. C’est important d’avoir une gamme.
Quand ton manuscrit a été terminé as-tu cherché une maison d’édition ou as-tu choisi d’emblée de t’autoéditer. Oui, tout de suite, j’ai voulu autoéditer le livre. Je ne voulais surtout pas d’une édition à compte d’auteur (voir encadré). J’ai pris des conseils auprès d’ABM et auprès d’autres voyageurs, c’est tout. Trouver un éditeur est vraiment difficile. Je crois que seulement 2 ou 3 éditeurs nationaux dont Géorama publient désormais ce type d’ouvrages. Comme les tours du monde ne font plus recette, ils ne publient que des récits sur un pays. En tout cas, je me répète, il ne faut surtout pas choisir l’édition à compte d’auteur. As-tu sollicité de l’aide pour la correction et la mise en page qui sont malheureusement trop souvent négligées dans l’autoédition ? Pour la correction, nous nous sommes fait aider par un ami correcteur. Les fautes d’orthographe sont bien plus importantes que le style, le lecteur passera sur un style un peu relâché pas sur les fautes. J’ai veillé à ce qu’il soit parfaitement corrigé pour d’une part servir le livre et d’autre part ne pas abîmer l’image de l’autoédition dans son ensemble.
Quel tirage conseilles-tu ?
Notre premier livre, nous l’avons tiré en offset* à 2000 exemplaires mais maintenant nous procédons différemment. L’impression numérique permet de faire de petits tirages et de retirer quand le stock baisse. Il n’y a pas de gros stock à gérer et de grosses sorties d’argent à faire. Nous tirons aujourd’hui à 400 exemplaires. On peut même tirer à moins.
Comment t’organises-tu pour vendre tes livres ? Le premier livre est sorti en 2004 et c’était plus facile de placer des exemplaires en librairies. C’est ce que j’ai fait. L’expérience m’a appris que cela ne sert à rien d’être dans 200 libraires. Vingt librairies bien sélectionnées suffisent. Nous négocions avec elles les pourcentages de remise**, d’ailleurs certaines ne nous réclament rien. Ce sont en majorité des libraires de notre région. Sinon je suis présent sur les marchés.